Friday, March 9, 2012

Mon frère Samuel

Aujourd'hui, 9 mars 2012, c'est l'anniversaire de mon frère. Mais je ne ferai pas de gâteau, mes enfants ne souffleront pas de bougies et il n'y aura pas de vidéos sur mon blog. Mon frère n'a jamais eu de gâteau d'anniversaire, n'a même jamais soufflé une seule bougie. Il est né et il est mort en même temps. C'est vrai qu'il avait quelques semaines d'avance, mais un docteur dira à ma mère que si elle n'avait pas été seule dans la salle,  on aurait pu empêcher que les poumons ne s'écrasent en passant, provoquant la mort. Cela a dû être une épreuve terrible pour ma mère, pour mon père. J'avais un peu plus de 3 ans et je ne me souviens que du cimetière, boulevard Victor Hugo à Saint-Nazaire, l'emplacement pour les enfants, la place-qui n'existe déjà plus- et l'image d'un cygne blanc sur un amas de terre. Je ne peux imaginer la douleur de mes parents, je n'essaye même pas. Pourtant, lorsque ma mère mentionne cette naissance, c'est pour parler d'espoir, de résurrection, de vie après la mort. J'ai grandi avec la foi de ma mère. Certes, j'y ai peut-être d'abord cru parce que je voulais y croire, mais grâce à ce saut de la foi, je comprends mieux maintenant. Je n'espère pas seulement que mon frère nous attend dans un monde meilleur, je sais qu'il est là, tout près, et qu'il fait ce qu'il peut pour nous aider. Comment? Ah, bah je ne peux pas tout savoir! Mais la beauté du mystère est que je peux me l'imaginer toujours à nos côtés, passant de Suisse en France au Canada en un clin d'oeil, sans avoir à payer d'avion. C'est sans doute pour rendre tangible ce lien invisible, mais pourtant si réel pour moi, que j'ai donné en deuxième prénom à mon dernier-né le prénom Samuel. Un lien entre des générations qui se retrouveront un jour, pour toujours.

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