Monday, March 26, 2012

Le printemps

Officiellement c'est le printemps maintenant. La neige a fondu, l'herbe apparaît. C'est la résurrection. Voici un autre poème qui joue sur les saisons, cette idée de tourner la page et de recommencer une nouvelle vie- mais sans mourir-, cette idée de calme après les tempêtes,etc. Il date de 1997.

Je ne veux pas mourir

Elle dit que le Temps fait tourner toutes ses feuilles
Et qu'avec le Vent elles s'envolent vers le ciel
Mais quand elles reviennent elles forment un tapis de deuil

Je ne veux pas mourir  Je ne veux pas mourir

Elle dit qu'il a toujours été le Soleil
Que ses rayons d'amour doivent éclairer la nuit
Et faire brûler les flammes de leur rouge éternel

Je ne veux pas mourir  Je ne veux pas mourir

Elle dit que le chant des oiseaux est un cri
Que le bleu du ciel se déchire parfois
Mais que le doute, seul, se tait après la pluie

Je ne veux pas mourir  Je ne veux pas mourir

Elle dit qu'aujourd'hui dans mon coeur il fait froid
Que la neige fait souffrir mais qu'il me faut sourire
Jusqu'à ce qu'elle m'emporte comme elle autrefois

Je ne veux pas mourir  Je ne veux pas mourir

 

Friday, March 9, 2012

Mon frère Samuel

Aujourd'hui, 9 mars 2012, c'est l'anniversaire de mon frère. Mais je ne ferai pas de gâteau, mes enfants ne souffleront pas de bougies et il n'y aura pas de vidéos sur mon blog. Mon frère n'a jamais eu de gâteau d'anniversaire, n'a même jamais soufflé une seule bougie. Il est né et il est mort en même temps. C'est vrai qu'il avait quelques semaines d'avance, mais un docteur dira à ma mère que si elle n'avait pas été seule dans la salle,  on aurait pu empêcher que les poumons ne s'écrasent en passant, provoquant la mort. Cela a dû être une épreuve terrible pour ma mère, pour mon père. J'avais un peu plus de 3 ans et je ne me souviens que du cimetière, boulevard Victor Hugo à Saint-Nazaire, l'emplacement pour les enfants, la place-qui n'existe déjà plus- et l'image d'un cygne blanc sur un amas de terre. Je ne peux imaginer la douleur de mes parents, je n'essaye même pas. Pourtant, lorsque ma mère mentionne cette naissance, c'est pour parler d'espoir, de résurrection, de vie après la mort. J'ai grandi avec la foi de ma mère. Certes, j'y ai peut-être d'abord cru parce que je voulais y croire, mais grâce à ce saut de la foi, je comprends mieux maintenant. Je n'espère pas seulement que mon frère nous attend dans un monde meilleur, je sais qu'il est là, tout près, et qu'il fait ce qu'il peut pour nous aider. Comment? Ah, bah je ne peux pas tout savoir! Mais la beauté du mystère est que je peux me l'imaginer toujours à nos côtés, passant de Suisse en France au Canada en un clin d'oeil, sans avoir à payer d'avion. C'est sans doute pour rendre tangible ce lien invisible, mais pourtant si réel pour moi, que j'ai donné en deuxième prénom à mon dernier-né le prénom Samuel. Un lien entre des générations qui se retrouveront un jour, pour toujours.

Monday, February 27, 2012

Le mois de l'amour

Quelqu'un m'a dit au début du mois que février était le mois de l'amour alors je me suis dit que j'allais voir ce que j'avais de poèmes dans ce registre et je crois que je ne suis pas une vraie romantique..A bien chercher, j'ai quand même trouvé une histoire d'amour.

Le vieil homme et la mer

D'abord elle te regarde, de ses yeux verts immenses
Elle te sait avant-garde et elle aura patience
Doucement, elle recule, mais bientôt elle s'avance
Et là ta vie bascule, et l'aventure commence

Puis c'est toi qui regarde, de ton coeur qui balance
La Beauté se tient là, en parfaite innocence
Tu hésites, tu prends garde, puis tu tentes ta chance
Et du pas de la foi, c'est l'amour qui s'élance

Elle croise ton regard, pour une dernière danse
La valse de l'histoire, celle de ton existence
Tu résistes, tu te bats, mais plus rien n'a de sens
Et la vague te noie sous l'éternel silence

Sunday, February 5, 2012

Ma grand-mère maternelle

C'était l'anniversaire de la grand-mère maternelle de Keld, à la fin du mois dernier. Elle a eu 79 ans. D'habitude, ses 3 enfants qui sont en ville et leur famille se réunissent pour manger ensemble dans une pièce de sa maison de repos (style Heinlex) mais cette année, à cause d'une épidémie de gastro-entérite, nous n'avons pas pu. Cela m'a fait penser à ma grand-mère maternelle avec qui je n'ai jamais fêté d'anniversaire. J'ai dû regarder dans ma généalogie pour voir qu'elle est née un 17 juillet.

Ma grand-mère maternelle je ne l'ai en effet jamais connue. Elle aurait 90 ans cette année. Elle est morte elle n'en avait pas la moitié. Je porte son nom et j'en suis fière. En effet, mon deuxième prénom, Jeanne, était son deuxième prénom à elle aussi. En fait, ma mère croyait que c'était son prénom puisque c'est comme ça qu'elle se faisait appeler. Quand elle s'est rendu compte de son erreur, ma mère a donné en deuxième prénom à ma soeur cadette son vrai prénom: Barbe (on comprend pourquoi elle se faisait appeler par son deuxième prénom :)

En tout cas, j'espère que je fais honneur à son nom car j'aimerais qu'on puisse dire de moi ce que j'entends dire d'elle. Quand ma mère ou mes tantes parlent d'elle, c'est avec tant de respect et d'admiration qu'elles en ont les larmes aux yeux. Leur mère leur manque. Et elle a tant manqué: leur mariage, leurs enfants- ses petits-enfants. Elle a quand même assisté à au moins un mariage et à une naissance. D'ailleurs, si je me souviens bien, elle et sa fille était enceinte en même temps. Ma grand-mère a eu 12 enfants. Selon mes archives, son dernier enfant, la petite Isabelle (comme dit ma mère) est née le 25 octobre 1966 et est morte à deux mois, le jour de Noel, le jour du dernier Noel de sa mère.

Ma mère n'oubliera jamais le jour qui conduisit sa mère à l'hôpital pour n'en plus sortir, mais mon blog est trop public pour que je raconte l'histoire. Je suis nulle en médicine, mais apparemment, les docteurs ont dit qu'elle est morte parce qu'il y avait de l'eau dans ses poumons. Est-ce quelque chose qu'on aurait pu éviter ? Déjà à 44 ans, elle devait être épuisée, physiquement avec toutes les grossesses et émotionnellement avec les soucis qu'elle essayait de cacher à ses enfants. Ma mère dit qu'en effet, ce n'était pas facile pour elle, mais qu'elle a tout fait pour que leur enfance soit heureuse. Par exemple, elle les emmenait avec elle dans de longues promenades et cueillettes traditionnelles (comme celle qui devait se terminer en mangeant le lapin de Paulette mais au retour, c'est la déception: le grand-frère avait déjà tout dévoré !)

Je n'ai jamais pu faire de promenade ni de cueillette avec ma grand-mère, mais j'en ai faites avec ses enfants. Ils me passent son héritage en me transmettant son amour et ses qualités. Tous disent qu'elle travaillait beaucoup. Un de ses fils habitent toujours dans l'appartement ou elle vivait et j'y suis allée plusieurs fois. Je me demande comment ils pouvaient tous tenir là-dedans et je l'imagine laver la lessive à la main ou préparer à manger pour tout ce petit monde ! Je ne parle pas l'alsacien comme elle mais je partage sa haine du mensonge. Il paraît que lorsque ma mère lui a dit qu'elle n'avait pas été au canal alors que l'odeur la trahissait, elle a reçu la claque de sa vie ! Ma mère ne lui en veut pas, elle a appris une leçon. Comme je le disais au début, je n'entends que du bien de ma grand-mère. Ses enfants l'aimaient parce qu'elle les aimait et veillait sur eux. D'après eux, c'était un ange bien avant d'aller au ciel.





Je ne crois pas que je lui ressemble physiquement, mais du côté de tatie Christiane, c'est resté.
Si certains qui me lisent ont des corrections, des précisions ou d'autres histoires à ajouter, n'hésitez pas...J'espère qu'un jour ma mère écrira tous ses souvenirs pour qu'on puisse continuer à les transmettre.  

Monday, January 16, 2012

Et les années passèrent

Après mon préféré, voici mon plus récent. L'image que j'avais en tête pour celui-ci était le bord de mer à St Nazaire.


Apparemment, ça a bien changé..bah bien en fait je ne sais pas, mais je planifie d'y retourner.


Et les années passèrent, à revoir ton visage
Assis au bord de mer, infini paysage
Pêcheries abandonnées aux oiseaux de passage
Et sable déserté aux petits coquillages
Les vagues bercées au loin, retour d'un long voyage
Ont-elles croisé le tien, toi partie sans bagage ?

Et les saisons se suivent, tournant page après page
Mon coeur à la dérive, au bord d'un grand naufrage
Les mouettes déchaînées, face au vent qui fait rage
Le phare inhabité délaissant le rivage
Tout est vide, sombre et froid, une bien triste image
Est-elle ce que tu vois, par-delà les nuages ?

Et les jours se succèdent, pour un même héritage
En vain, j'appelle à l'aide, même l'écho perd courage
Les parapluies pressés sortent enfin de leur cage
Là-bas sur la jetée, deux ou trois lignes s'engagent
Ce rayon qui scintille, serait-il un mirage ?
Ou alors d'ou vient-il ? L'envoies-tu par présage ?

Mais les heures s'écoulent, ignorant les ravages
Noyé parmi la foule, je revois ton visage
Dans le rire des enfants, éclats de joie sauvage
Dans le soleil brûlant ou dans la brise sage,
Dans les jeux, les couleurs, dans les châteaux de sable.
Ce parfum de bonheur, est-ce de toi qu'il émane ?



J'ai essayé de faire les 4 saisons. A le mettre juste après celui de l'exil, on dirait comme une réponse.
PS: Je ne sais pas encore faire le u avec un accent sur mon clavier !

Sunday, January 1, 2012

L'exil, ce doux voyage

Alors, ça y est, je me lance. Comme je l'explique dans mon blog familial, je veux utiliser ce nouveau blog pour me motiver à écrire les poèmes que je ne prends jamais le temps de finir. Si je me dis que je dois mettre à jour ce blog régulièrement, je me dépêcherai peut-être un peu plus. Bon, je me laisse de la marge et me permets de publier des poèmes déjà finis depuis longtemps et aussi je me dis que, de temps en temps, je ferai de la prose sur quelques pensées, l'éloge de personnes chères, etc. Un peu comme dans un journal. Ce sera  plus un blog personnel, pour m'aider à atteindre mes objectifs.
D'un autre côté, peut-être que certains seront quand même intéressés par cette lecture. Je ne pense pas que la poésie attire beaucoup de monde de nos jours, mais ceux qui me connaissent s'amuseront sans doute à essayer de se retrouver dans ces rimes car, évidemment, c'est le monde autour de moi qui m'inspire et ils en font partie.
N'hésitez donc pas à poser toutes vos questions et à faire tous les commentaires que vous voulez. (Vu le nombre de commentaires sur l'autre blog, je doute que j'en ai beaucoup ici, mais au cas ou...) Si vous n'aimez pas du tout, expliquer pourquoi, ça m'aidera à faire mieux. Si vous adorez, envoyez ma page à l'Académie française :) Vous pouvez aussi tout simplement cocher en bas entre : j'aime pas, cliché, pas mal et vraiment bien (c'est anonyme-je sais pas comment faire pour savoir qui coche- donc n'ayez pas peur dire la vérité).

Je commence par un de mes poèmes préférés (vous verrez tout de suite le niveau comme ça :).
Dans ma tête, l'image que j'ai pour ce poème se rapproche d'une vue d'Ellis Island ou de la Statue de la Liberté. Je ne sais pas comment écrire le poème sur l'image, dommage, hein?! Tant pis, je mets la photo quand même.




Fini le 24 mai 2002

L'exil, ce doux voyage

Et l'exil est sublime qui invite sa proie
A quitter ses racines, à renier sa foi
Pour un coeur en bataille dans un champ de printemps
Que la saison des pluies oublia un instant
Mais l'hiver est précoce à l'âme solitaire
Loin des joies de la noce et du sein de la mère
Ce qui était nouveau redevient inconnu
Et le jour qui se lève n'est plus attendu.

L'exil, ce doux voyage, sur un arc en ciel bleu
Se noie, et c'est dommage, dès qu'on tourne les yeux
Vers l'océan immense, larmes de l'infini
Que refoule c'est étrange, la fille dans la nuit.
Les regrets sont à mer, le vent les porte au loin
La peur a goût de sel et le phare s'est éteint
L'amour a eu son coeur et Dieu aura son âme
Mais sa vie elle demeure, de sa patrie la flamme.

Mais l'exil éternel est un espoir divin
Que chérit chaque instant l'esseulé être humain
Que tout un patrimoine, la beauté d'une nation
Puisse couler dans les veines d'autres générations
Les enfants chantent l'hymne, malgré le paysage
D'une voix étrangère, de la mère l'héritage.
Nombreux ceux qui reviennent, après un long chemin
A la terre qu'ils aiment, et qui aime les siens.

Voilà, pour le premier. Je suis une exilée, alors c'est un peu évident comme sujet, je sais! Y'a quelques rimes qui me plaisent bien. Un peu ambigu au milieu, mais ça traduit l'ambiguité de la personne exilée n'est-ce pas? Sinon, j'ai l'impression d'avoir une fin trop tôt.

A voir maintenant la fréquence de mes publications :)